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Au son du clairon la soumission, au coup de sifflet l'éternité

Les combats majeurs du 63e RI

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L'escalier de 116 marches

Reims

la défense de Reims du 16 février au 25 août 1918


Du 16 au 18 février


Le régiment s'installe dans le secteur sud de Reims, ou sous-secteur de Cernay qui s'étend des abords de la route de Reims à Cernay, jusqu'à la limite du pont de la House où passe la voie ferrée Reims / Châlons. C'est un front, large de près de trois kilomètres dominé par la butte Saint-Nicaise plus communément appelée la butte Pommery (les établissements du champagne Greno-Pommery en occupent le sommet) La butte est un point stratégique de première importance et toujours aussi convoitée par les Allemands.


Reims - La Butte St-Nicaise et les établissements Greno-Pommery

Jeudi 21 février 1918


Le 63e prend officiellement possession des lieux et relève le 3e régiment mixte composé de zouaves et de tirailleurs.


Au cours de la journée, 300 obus de 150 s'abattent sur la butte Pommery. Se sera la ration quotidienne pendant les six mois que durera le séjour du 63e. Les hommes sont à l'abri dans les profondes caves et galeries à champagne de la maison Greno-Pommery (Extrait du JMO)


Les caves Pommery

Les hommes ont achevé les travaux de protection contre les gaz toxiques. Les entrées des galeries sont protégées par une double rangée de rideaux en toile, les orifices calfeutrés. La moindre petite ouverture a été vérifiée et rien n'est laisse au hasard.


Vendredi 1er mars 1918


13h:00 - Les premiers obus à croix jaune commencent à tomber avec parcimonie sur toute la position.


9 heures du soir, c'est le déluge qui se déchaîne, aucun centre de résistance n'est épargné. La butte Pommery et les batteries des Coutures reçoivent la ration forte. Les Allemands cherchent à aveugler les observatoires, à immobiliser l'artillerie et à abrutir les réserves. Ils s'acharnent et déversent une quantité industrielle de gaz sur la butte Pommery qui semble être complètement absorbée dans ce brouillard verdâtre qui épouse le relief et fait jaunir les rares touffes d'herbe.(Extrait du JMO)



Samedi 2 mars 1918


Au petit matin une équipe commandée par un officier gazier sort pour désinfecter au chlorure de chaux les tranchées et boyaux de la position. Les hommes protégés de masques et de gants, armés de pelles, se démènent plusieurs heures durant. Efforts inutiles, vers 3 heures de l'âpres midi les obus à croix jaune se remettent à pleuvoir avec la même intensité que la veille. Plusieurs gaz différents sont employés dans un cocktail sonore et mortel.


Cette fois toutes la chimie est réquisitionnée, l'ypérite à odeur de moutarde, la palite odeur de chocolat brûlé, l'arsine qui ne sent rien, mais qui vous prend immédiatement à la gorge et vous fait éternuer en salves. Les obus tombent sans trêve pendant trois heures à raison de 10 par minute, et leurs sifflements sont couverts par le fracas des 150.


Source : J.Nouaillac sous-lieutenant au 63e RI Le six-trois au feu édition Charles-Lavauzelle 1919 Page 208



Du mardi 19 au mercredi 20 mars 1918


Les attaques aux gaz se succèdent toujours avec la même obstination. Le centre de gravité se déplace sur Reims, la ville est directement prise pour cible mais les hommes doivent encore se calfeutrer dans les caves car le vent ramène les nappes empoisonnées vers la butte Pommery.



Vendredi 29 mars 1918 21 heures


Un groupe ennemi essaye de s'infiltrer dans les tranchées de Sedan et de Mézières. Il est repoussé à la grenade après un court mais violent engagement, un de ces engagements où l'on distingue rarement l'ennemi, caché qu'il est par les recoins du terrain, les trous d'obus, la fumée et la poussière des explosions. Seul un cri de douleur, de mort ou un juron, indiquent que les grenades ont porté juste et ont fait mal.(Extrait du JMO)



Dimanche 21 avril 1918


21h :00 , en 25 minutes, 400 obus d'arsine s'abattent sur la position

21h :25, le flot se tari, puis s'arrête complètement. C'est le silence le plus total qui règne pendant 5 minutes, pas une seule explosion, pas un seul coup de feu ne vient le troubler.

21h :30, l'apocalypse, se déchaîne, toutes les batteries allemandes donnent à la fois, les obus de tous les calibres s'abattent en hurlant sur les tranchées de la Housse et sur le secteur voisin tenu par les coloniaux. Les obus de 77, 105, 150 défoncent les parois, écrasent les barbelés, martelant les abris. C'est un feu roulant qui se déplace ainsi de la House aux tranchées de Cernay à la vitesse d'un rouleau compresseur. C'est un de ces terribles pilonnages d'artillerie qui font beaucoup de mal où ils s'abattent Progressivement les hommes relèvent la tête et ajustent leurs armes, ils se préparent à recevoir un assaut boche, qui en fin de compte, ne viendra pas.


C'est pendant cette période de destruction programmée que l'incendie fait rage dans la vieille ville de Reims en réduisant la plupart des quartiers de la ville en monticules de gravats fumants.(Extrait du JMO)


Reims - Butte Pommery vue sur la Cathédrale

Mercredi 22 mai 1918


Coup de main rapide de la 5e compagnie sur la zone des tranchées adverses, tranchées des Vandales et abris du boyau Von Shubert.


Lundi 27 mai 1918


Nouvelle avalanche d'obus incendiaires sur Reims et raids effectués sur tout le secteur par des escadrilles ennemies qui volent groupées comme les oies sauvages.


Mercredi 29 mai 1918


Sur ordre, le 63e se replit de 200 à 500 mètres en arrière de la première ligne. Le 2e bataillon est engagé à l'Ouest de Reims, il a été mis à la disposition du 22e colonial pour tenir le secteur pont de Saint-brice, Thillois, mont Saint-Pierre



Jeudi 30 mai 1918


L'ennemi attaque sur tout le front. L'ordre est donné au 2e bataillon de tenir coûte que coûte la position du mont Saint-Pierre.


11h :00 heures, les Allemands reviennent à la charge et malgré le feu nourrit qui les accueillent, ils arrivent à atteindre les lignes françaises. Le 63e contre-attaque aussitôt pour essayer de repousser l'assaut mais la situation devient critique. le bataillon entend des balles lui siffler dans le dos, il a été débordé et le mont Saint-Pierre a été tourné, s'il ne veut pas être entièrement encerclé, plus une minute à perdre, il faut se dégager baïonnette au canon en courant de toutes ses jambes vers la ligne de repli qui se trouve à 200 mètres sur la Crète.


Une course contre la montre, contre la mort s'engage, des hommes tombent en cours de route foudroyés à bout portant ou happés par des groupes de boches en embuscade. La vigueur du mouvement a surpris les Allemands, la majeure partie du bataillon a pu se dégager sans trop de casse et regagner le centre de résistance.


Les pertes s'élèvent à 14 tués, 39 blessés 40 disparus. En outre, 20 soldats de la 7e compagnie ont été faits prisonniers.



Vendredi 31 mai 1918


L'attaque générale contre Reims est engagée, les Allemands veulent absolument faire sauter le verrou ; de puissants moyens sont engagés, ils arrivent à s'emparer d'une partie du secteur de la Pompelle mais ne peuvent s'y retrancher. Une puissante contre-attaque française les rejettent dans leur ligne.



Du samedi 1 au mercredi 12 juin 1918


Les coups de mains succèdent aux coups de mains, coups de mains parfois heureux, mais, toujours hasardeux

(Extrait du JMO)


Un mot de journaliste s'est tout de suite répandu. Marcel Hutin a écrit : " Reims défendu par des as, est imprenable. " Alors nous disons tous : " C'est nous, les as ". Cependant on lui en veut un peu de ne nommer que les coloniaux ; comment ce critique militaire si bien informé, si prodigue de tuyaux et de sous-entendus, peut-il oublier les fantassins de la 134e division .


Source: J.Nouaillac sous-lieutenant au 63e RI Le six-trois au feu édition Charles-Lavauzelle 1919 Page 233


Mardi 18 juin 1918


Terrible préparation d'artillerie sur toute la ligne, les Allemands veulent en finir une fois pour toutes, ils y mettent le prix et les moyens. Le front devient un ouragan de feu de fer et de gaz.(Extrait du JMO)


La grosse artillerie qui doit crever les caves, commence à frapper à coups de marteau gigantesques sur la carapace de Pommery. Cette fois, la grande partie est engagée : l'ennemi veut enlever Reims... Qu'il y vienne ! - Les 305 démolissent avec un fracas de tonnerre les superstructures de Pommery et des maisons des alentours. -


source : J.Nouaillac sous-lieutenant au 63e RI Le six-trois au feu édition Charles-Lavauzelle 1919 page 233.


6 h 50 Un obus de 150 percé l'abri du PC du commandant Dégremont mais, par chance, n'explose pas.

9 h 00 Le tir s'allonge , les sections d'assaut boches s'élancent à terrain découvert, ils sont persuadés que le terrain a été nettoyé et que toute la défense a été écrasée sous le feu qui a dévasté le sommet et les alentours de la butte Pommery. A la vue des premières silhouettes de Boches se découpant sur l'horizon, toutes les armes du 63e, fusils, fusils-mitrailleurs, mitrailleuses engins de tranchée et grenades entrent en action, la pétarade des petits calibres se noyant dans ceux des gros Sur le point d'être débordée la 3e compagnie fléchit mais arrive à résister sur une nouvelle position à 100 mètres en arrière de la première et après s'être ressaisit, repart aussitôt à la contre attaque de la position qu'elle a du abandonner.

10 h 00 Après plusieurs assauts meurtriers les troupes allemandes battent en retraite en laissant de nombreux cadavres sur le terrain.



Mercredi 19 juin 1918


Dans la tranchée Beaudricourt et le boyau Domremy qu'ils défendaient, 40 hommes de la 11e compagnie ont été gravement touchés ; ils ont eu les yeux brûlés par les gaz, et sont devenu aveugles.


Dimanche 14 juillet 1918


Une citation à l'ordre de l'armée est dédiée au 63e régiment d'infanterie pour les vaillants combats qu'il a livrés et la contribution qu'il a apportée à la défense de Reims.



Fin juillet :


Des tirailleurs sénégalais sont affectés au 63e, ils forment, avec des éléments de la première compagnie, un amalgame qui devient le 4e bataillon du régiment.



Samedi 3 août 1918


Un nouveau audacieux coup de main permet de reprendre le contrôle du boyau du CBR (CBR : Chemin de fer de la Banlieue Rémoise)

(Extrait du JMO)



Mardi 6 août 1918


Une action en commun est menée avec les poilus du 100e RI dans le secteur de la Neuvillette.



Lundi 12 août 1918


Les Allemands ne se résignent pas à la perte du boyau du CBR. Dans la nuit du 12 au 13, le boyau reçoit une avalanche de minens et une attaque au gaz. 4 tués et 32 intoxiqués.



Samedi 17 août 1918


Nouvelle action brusquée des allemands sur la tranchée de Bourgogne. La 11e compagnie contre attaque vigoureusement à la grenade et repousse sans trop de pertes (3 tués, 9 blessés) l'assaut Boche.



Dimanche 18 août 1918


Reims continu d'être bombardé par des obus de tous calibres, rien que pour la journée du 18, 150 fusants sont tirés dans la direction de la cathédrale. (Extrait du JMO)


Les têtes de saints et des anges volent sur le parvis, les colonnettes des tours se brisent et les voûtes du chœur s'écroulent par larges pans. Le général Hilaire envoie Nouaillac sur les lieux de ce grand crime contre l'art, contre l'histoire nationale et contre Dieu, Celui-ci arrive à mettre à l'abri une vingtaine de têtes.


Source : J.Nouaillac sous-lieutenant au 63e RI Le six-trois au feu édition Charles-Lavauzelle 1919 page 245


















Dimanche 25 août 1918


Dans la nuit du 25 au 26 le régiment est relevé et quitte pour toujours le secteur de Reims.(Extrait du JMO)



Incendie de la Cathédrale

Les caves Pommery

12 millions de bouteilles réparties sur 20 kilomètres de caves

Un petit morceau de la rosace de la cathédrale de Reims ramassé sur place et conservé précieusement par le sergent E. Pasturaud.

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