Ferdinand Sécher

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Carnet de route Année 1915

A savoir :

Après un nom de ville (..-..) :

Correspond à sa position dans le guide MICHELIN 2000

Le 2ème nombre entre parenthèse correspond au département

Ecriture des dates inexpliquée :

7bre = Septembre

8bre = Octobre

9bre = Novembre

Xbre = Décembre


23/3/1915 : Départ. 1ère étape : COURTISOLS (44-C1) 35km, 2ème Etape ; MOIVRE (44-C2), 3ème Etape : St GERMAIN la Ville (44-C2). Embarquement. Débarquons à TOUL (46-C2) . Bivouaquons dans les bois.


3-4-5/4 : Attaque à REGNIEVILLE (46-C2) et FEY en Haye (44-C2). 1200 à 1500m d'assaut à donner, nous étions pris dans un fer à cheval, de n'importe quel côté les balles et les obus nous prenaient. Tristes fêtes de Pâques. La pluie n'a pas cessé pendant les 3 jours. Prenons le village de REGNIEVILLE (46-C2) le ¾ dans une attaque de nuit et le lendemain attaquons à 10h30 les tranchées. Que de morts et de blessés toujours pour rien faire. Dans quel état nous étions après ces trois mauvais jours dans la boue, nous étions méconnaissables. Rien manger pendant 3 jours, quelle soif, misère.


6 /4 : A1h du matin nous sommes relevés, cantonnons à MARTINCOURT (46-C2), lendemain GRISCOURT (46-C2). 2jours après allons à MANONVILLE (46-C2)


9 /4 : Attaque à gauche du bois de Mort Mare (46-C2)

DESERTION au 5ème : 4 fusillés

23-24-/4 : Allons occuper tranchées en face le bois de Mort Mare (46-C2) devant le village de FLIREY (46-C2) à 25m des Boches.


9 /5 : Nous attaquons, prenons 2 lignes de tranchées ennemies : Gros succès mais bien payé.


15 /5 : Allons occuper les tranchées à gauche du Bois le Prêtre (46-C2) à coté de REGNIEVILLE (46-C2) . Nous en sommes relevés le 25 mais à 4h du matin. Arrivons à 11h à GRISCOURT (46-C2). Et le soir allons cantonner à GONDREVILLE (46-C3) à 17km de NANCY ; Arrivons à 3h du matin, avons marché toute la nuit, beaucoup ont laché , la fatigue se fait sentir. 6 jours de repos.

Changement de frontDépart pour la SOMME et le PAS-DE-CALAIS.



1 /6 : Départ, embarquons à TOUL (46-C3), débarquons à AILLY Sur Somme (9-E4), à l'ouest d'AMIENS. Cantonnons le soir du débarquement à PIERREGOT (9-F3). Là commence le repos.


19 /7 : Départ en autos jusqu'à VAUDRICOURT : Pas de Calais (3-E4), Sud Ouest de BETHUNE.


25 /7 : Départ en autos, cantonnons à AGNEZ les Duisans (10-A1).


27 /7 : Départ, cantonnons à DUISANS (10-B1).


28 /7 : Je suis de service en petit poste.


29-30 /7 : Repos à DUISANS (10-B1).


31/7 : Départ pour les tranchées : 4km de boyaux. Bonne relève : Relevons le 138éme.


1/8 : Date à laquelle nous avons été mobilisé, dire que voici un an que je ne me suis pas déshabillé, et encore si la fin de la guerre était proche ?? Nous voici pour 9 jours de tranchées devant ARRAS, légèrement à gauche devant ROCLINCOURT (10-B1), devant nous et légèrement à gauche CHELERS (10-A1). Labyrinthe à la droite. Les 4 Vents (10-A1), seulement quelques maisons.


2/8 : Nuit assez agitée : 1 tiraillement, à 3h du matin une mine saute à notre gauche suivie d'une bonne fusillade. Quel tremblement, tout remue, enfin le calme revient.


3/8 : 2h du matin : Corvée de soupe, soir : Marmitage.


4/8 : 2h du matin : Corvée de soupe. Toute la journée : Marmitage. Ce soir petite relève, y paraît que l'on mine dessous nous. Ce matin au petit jour, les Boches ont fait sauter une mine. 10h du soir, les Boches attaquent à gauche jusqu'à minuit.


5/8 : ALERTE : D'après des tuyaux, plutôt par notre service d'espionnage et les avions, les Boches ont concentré de grosses forces devant nous. Les Boches veulent attaquer la 10ème Armée. 1h du matin : Contre attaque à gauche, une deuxième au petit jour. La journée passe. Bombardement, la nuit arrive, une fusée à été lancée des premières lignes Boches. Aussitôt part un chien blanc chassé par des pierres, ce pauvre animal court vers nos lignes, saute le parapet de la tranchée. Les hommes ayant suivi cette opération, l'attrape : Porteur d'un collier, un billet y est attaché. Le chien est amené au Colonel . Il nous avait été envoyé pour nous annoncer la prise de VARSOVIE avant la nuit. Les Boches chantaient la nuit tombante, on entend sur notre droite des cris : Hourrah, les fusils pètent, le canon gronde, les Boches attaquent devant nous. 2 sont déjà sortis, les marmites éclatent à 3 ou 4m de nous . Les fusants nous aspergent. L'alerte est donnée, nos 75 ouvrent la danse, la fusillade diminue une 1/2h après, l'attaque est enrayée. Quelle mauvaise nuit nous avons passé. Déjà la nuit dernière ils voulaient attaquer. 10h15 du soir, même répétition, la fusillade commence à coté de nous à droite. Ce coup là l'attaque va t-elle réussir ? On voit qu'une flamme, triste spectacle, mais nos batteries ont été averties : Toutes crachent à la fois. L'attaque à encore échouée, enfin que va t-il encore se passer ? La nuit est noire, GARE au petit jour, on peut s'attendre à une attaque ?


6/8 : 4h ce matin 6 Août : Rien à partir de minuit, la nuit à été assez calme, quelle fusillade, sans activité. Pour moi, ces 2 espèces d'attaque étaient faites pour nous exprimer leur contentement dans la victoire de VARSOVIE. Ce matin il y avait des panneaux sur leurs tranchées où ils avaient écrit : VARSOVIE prise.


7/8 : Grand bombardement depuis7h jusqu'à la tombée de la nuit. 7h ½, petite relève, le temps est pluvieux, quelle boue pour aller chercher la soupe demain matin.


8/8 : Nuit noire, le vent souffle, la nuit est agitée, un grand bombardement est à gauche, il doit y avoir attaque chez nous, tiraillements. 1h1/2 , corvée de soupe.


9/8 : Aujourd'hui le bombardement a été moins violent, quoique étant bombardés presque toute la journée. La nuit arrive, les avions Allemands et Français ont survolé toute la soirée en un combat aérien. 9h du soir : La terre tremble, une grande détonation, aussitôt tout pète à la fois : fusils, canons etc. On se croirait en plein jour. Les Boches nous ont fait sauter, la mine se trouvait un peu à notre gauche, nous sommes couverts d'obus et de balles. 20 minutes s'écoulent, le calme reprend heureusement. La mine n'a fait aucun dégât. A minuit, attaque à gauche, à 1h1/2 corvée de soupe.


9/8 : Le bombardement a été moins intense, il y a 9 jours que nous sommes dans les tranchées, nous devions être relevés ce soir, à présent c'est demain soir soit 10 jours au lieu de 9. La nuit arrive.


10/8 : Nuit calme, orage, il pleut. 2h1/2 : Corvée de soupe. Les boyaux sont sales et pleins d'eau. Journée calme. Ce soir relève pour aller au repos et vivement car les poux nous rongent. La relève est faite, arrivons au jour à HAUTEVILLE (10-A1).


11/8: J'ai sommeil voilà la 11ème nuit que je ne dors pas bien. Je m'endors sur la route. A la 3ème pose je me suis endormi, je suis tellement fatigué que mes jambes n'en veulent plus. Enfin après 25 kilomètres au moins, on arrive. Il fait jour, on mange un peu, l'on se couche.


12/8 : Repos. Ce soir revue par le commandant pour les cantonnements.


13/8 : Corvée de lavage. Ce soir revue d'équipement, pas une minute tranquille.


14/8 : A midi je prends le service à un petit poste pour 24 heures.


15/8 : Relève à midi du poste.


16-17-18/8 : Repos. Le départ pour les tranchées approche.


19/8 : Départ pour les tranchées à 2 heures. Le temps est mauvais, le canon à grondé toute la nuit et une partie de la matinée. Je crois que les Boches veulent tenter quelques coups. Nous relevons sans encombre. Quels tiraillements toute la nuit ? Les canons tonnent un peu, tout cela se passe un peu à notre gauche, du coté du 107ème, ils auraient essayé de lancer des gaz asphyxiants.


20/8 : Matinée assez calme, la nuit arrive, la fusillade commence comme par le passé.


21/8 : Le temps est pluvieux, une pluie fine par rafales, mais les boyaux sont vite secs (à peine détrempés) Le canon tonne à gauche au 78ème . A7h, petite relève, 11h du soir, il doit y avoir une attaque à gauche.


22/8 : 1h 1/2 Je pars en corvée de soupe. Journée calme. Ce soir à la tombée de la nuit 4 avions Boches survolent nos lignes. La nuit a été assez calme.


23/8 : 1h ½ corvée de soupe aujourd'hui. Le bombardement est moins grand que les jours précédents, la nuit est assez calme.


24/8 : 1h du matin, corvée de soupe. Ce soir je vais en première ligne, petite relève 2 jours.


25/8 : Nuit assez calme ainsi que la journée.


26/8 : Nuit calme. Nos75 ont battu les tranchée Boches. Nuit claire quoique un peu fraîche. Il est 10h du soir, on vient de m'avertir que je partais en permission. Encore 5h à rester dans les tranchées. Vivement 3 heures que je parte respirer l'air pur de l'arrière. Encore 1h à rester ici. Vivement 3 heures et la fuite dans les boyaux, quelle chaleur dans les tranchées ?


27/8 : 3 heures du matin : Je pars à ETRUM (10-B1) (62), versé tout. 8h ½ du matin, prenons à la gare de SAVY Berlette (10-A1) (62). Arrivée à 10h ½.


28/8 : Départ du train à 2heures du matin. Passons à ABBEVILLE (9-D2), AILLY sur Somme (9-E4), AMIENS (9-F4), Arrivée à St JUST en Chaussée (21-F2) (60) à 11h du matin. Départ à 4h1/2 (tantôt), quelle pose et quelle chaleur. Arrivons à ACHERES (41-O1) (78), Changement pour les autres régions sauf 12éme. Changeons à JUVISY sur Orge (41-F3) (91), ISSOUDUN (92-B2) (36). Je demande à un soldat du 90éme s'il connaissait THOREAU Armand et parti sur le front. CHATEAUROUX (92-A3) (36) ½ h d'arrêt.


29/8 : La SOUTERRAINE (105-O2) (23) à 1h du matin, arrivée à St SULPICE Laurière (105-D4) (87) à 2h, départ à 3h1/2 , arrivée à 4h 20, départ à 5h 20, arrive à St CLAUD (103-E4) (16) à 8h ½ du matin.


(FIN du carnet N° 2 : Bleu)


1ére PERMISSION


Passée à St CLAUD du : 29/8 au 4/9/1915.


4/9 : Fin de ma permission. Tristesse, il faut encore repartir. Départ de St CLAUD (103-E4) à 7h. Arrivée à ROUMAZIERRES LOUBERT (117-F1) à 7h1/2, départ à 8h, arrivée à LIMOGES (118-C1) à 10h 1/2, départ à 11h 35.


5/9 : Arrivée à St SULPICE Laurière (105-D4) (87) à 2h du matin. Je couche dans un wagon. Départ à 8h 35, arrivée à VIERZON (78-A4) (18) à 3h, départ à 4h 20, arrivée à St JUST en Chaussée (21-F2) (60) à 10h du soir.


6/9 : Départ à 4h30, AMIENS (9-F4) à 6h.


7/9 : Arrivée à SAVY Berlette (10-A1) (62) à 5h, arrivée à ETRUN (10-B1) (62) à 9h. Départ demain pour les tranchées.


8/9 : 1h 1/2 : Départ avec la cuisine pour les tranchées. Aujourd'hui le bombardement est assez violent, la nuit arrive, le tiraillement commence, et combien toute la nuit ?


9/9 : Ce matin les Boches nous envoient des grenades (quelques blessés), nuit mouvementée.


10/9 : Bombardement. Soir combat d'avions. 5h, un avion Boche est au dessus de nos lignes à une très faible hauteur, nous tirons pour rien faire. 7h une mine Boche saute devant nous sans effet pour nous. Nuit mouvementée, les Boches battent nos tranchées, que veulent ils faire toute la nuit ? Grenades tombent sur nous. A 1h 1/2 : Alerte, les Boches ont l'air de vouloir attaquer. Une attaque est déclenchée à notre droite, enfin le jour arrive sans rien.


11/9 : Le bombardement a été moins violent. Je suis relevé ce soir à 6h 1/2 , soit au petit repos pour 2 jours, pour faire les corvées des soupes de ceux qui nous ont remplacé. 5h 1/4 soir à 5h 1/2, petite relève. Avant de partir les Boches nous font sauter 2 fois, soit 2 mines en 1 seconde d'intervalle de chaque coté de nous. Cochons de Boches, ils s'y prennent de toutes les façons pour nous tuer. La nuit passe.


12/9 : 1h 1/2 : Corvée de soupe. Journée : Bombardement, nuit : assez agitée.


13/9 : 1h 1/2 : Corvée de soupe. Journée : Bombardement, soir 6h 1 /2 : Relève pour aller en 1ére ligne, vers minuit une mine saute à notre gauche, lutte de grenades et bombes. Le petit jour arrive, le temps à l'air changé, quelques gouttes d'eau détrempent le sol.


14/9 : Les Boches nous saluent par un petit bombardement cette nuit, il y a 2 tués et 1 blessé dans les sapins à coté de nous. Journée de bombardement, nos avions survolent les lignes Boches à une faible hauteur, la nuit arrive. Toute la nuit ils nous lancent des grenades et des bombes.


15/9 : La soupe arrive. Nous sommes relevés ce soir, plutôt nous y comptons, car il se prépare quelque chose, vivement la relève pour que nous sortions un peu respirer, et se nettoyer. La relève arrive à 10h.


16/9 : Repos à NOYELETTE (10-A1) (62).


17-18-19/9 : Repos.


20/9 : Repos, on entend le bombardement, l'heure approche. Gare aux têtes, quelle retraite pénible. Paraît-il que le 63ème ouvre la marche en avant. Pauvre 63ème , triste régiment. Jour et nuit notre artillerie tire. Les permissions sont suspendues, mauvais signe, enfin vivons toujours dans l'espérance, la destinée est là et pour beaucoup c'est la santé, résignation.


21-22-23/9 : Repos, le départ approche, le canon gronde, le grand coup se prépare. Nous partons à 1h du matin. Le temps est mauvais, nous allons jusqu'à DUISANS (10-B1) (62), arrivons à 3h, couchons sous les arbres, il pleut, il fait froid.


24/9 : Nous partons à 9h pour attaquer : TRISTESSE. Jour mémorable, dire, sans cette gueuse de guerre, je serais libéré aujourd'hui et c'est au contraire l'offensive. Pauvres fantassins que nous sommes, malheureux. Arrivons aux tranchées. A1h allons directement à notre emplacement à demain, où dans quelques heures il faudra franchir le parapet. Le canon tonne, toutes les batteries tirent, on ne se voit plus dans la fumée. Il est 8h, on ne sait pas au juste l'heure de l'assaut. Parait que c'est de 9h à 12h. Encore quelques heures à vivre. Il est 11h, encore rien, nous sommes comme fous. L'ordre arrive de se tenir prêt à monter, l'heure de l'assaut est fixée à midi.


25/9 : Les Boches tirent autant que nous, nous sommes perdus, dire qu'on nous avait dit qu'on ne recevrait pas un coup de fusil ni coup de canon. L'heure approche : Midi, -20 encore, 5 minutes, plus que 2, EN AVANT : Vision terrible, spectacle affreux, c'est une boucherie, les Boches tirent et font un tir de barrage, les vagues sont fauchées à mesure qu'elles sortent, nous nous mettons en batterie au bout de la sape (20) dans un trou d'obus. Le Sergent à été contusionné par un obus, le Caporal a été tué d'une balle explosive, pauvre copain, mon Lieutenant est blessé a la main. Les Boches veulent sortir, nous tirons, ils sont sur trois rangs, c'est une boucherie, une tuerie. Nous allons jusqu'aux 4ème lignes Boches. Il faut se replier, le renfort ne vient pas, nos deux pièces restent à l'ennemi presque avec tout son personnel. Quelle journée, il faut encore attaquer à 6h ½ . Le 17ème corps qui était à notre droite a refusé de marcher le lendemain.


26/9 : Le 78ème attaque, nous le renforçons, à 6h nous attaquons encore les tranchées, les nôtres sont toutes écrasées, nous sommes à decouvert.


27/9 : Il faut encore attaquer, il faut donc tous y passer, il pleut, nous sommes dans un état pitoyable, sans manger de 3 jours, j'ai soif surtout.


28/9 : au matin le 78ème nous relève. A 8h du matin, il faut presque passer en terrain découvert. Les Boches nous voient, arrivons à GOUVES (10-A1) (62). Vers 4h nous couchons.


29/9 : Allons à MONTENESCOURT (10-A1) (62). Le régiment est anéanti complètement, plus un officier, nous avons au moins 1500 morts, blessés, disparus.


30/9 : Repos.


1/10 : Nous allons probablement partir ce soir pour nous reformer. Partons à 4h1/4 pour BEAUFORT Blavincourt (10-A1) (62).


2/10 : Repos.


3-4/10 : Repos BEAUFORT.


5/10 : Nous partons à 1h ¼ pour les tranchées, il pleut, l'eau nous à accompagnée jusqu'à ETRUN (10-B1) (62), nous sommes mouillés des pieds à la tête, heureusement que j'avais mon caoutchouc, il n'y avait que mes jambes qui étaient mouillées, les boyaux ne sont pas praticables : Trous sous trous ; Enfin nous relevons le 78ème non sans peine, beaucoup d'entre nous se sont perdus, la nuit passe, il fait froid, nous sommes couverts de boue.


6/10 : Les Boches bombardent dur, la journée passe, la nuit arrive, le tiraillement commence.


7/10 : Les Boches tirent toujours qu'avec les grosses pièces. Je suis relevé ce soir pour aller à la corvée de soupe pendant 3 jours. La relève arrive assez tard, enfin les Boches sont à peu près sages. Nous arrivons au gourbi de repos.


8/10 : Corvée de paille même pour les mitrailleurs tombés.


9/10 : A 1h ½ , corvée de soupe.


10/10 : Jour de mon anniversaire, mes 23 ans sonnent. Ce soir je monte en 1ère ligne à 8h1/4. Les Boches attaquent à notre droite, ses fusils pètent durs, les Boches nous couvrent d'obus, (choc gros),dire que c'est à cette heure que je suis né, vraiment les Boches me font une belle ovation, le calme revient.


11/10 : A 1h, soir, on vient nous dire qu'on attaque à notre gauche à 4h (position), le bombardement commence à 2h, nous avons ordre de faire un simulacre, gare aux marmites, Cela ne manque pas, les boches nous aspergent pendant toute la nuit.


12/10 : La journée à été assez calme. Ce soir nous sommes relevés pour aller à la soupe, peu en jours ( ?), à présent il faut faire 14 jours de tranchées, les poux nous rongent, nous n'avons même pas pu nous changer avant de monter, certains de mes camarades, n'ont pas changé depuis prés d'un mois ; Pendant la relève, une attaque se déclanche à gauche.


13/10 : Corvée de soupe.


14/10 : Corvée de soupe, ce soir, en 1ère ligne, nuit assez calme.


15/10 : Ce matin, brouillard intense, la journée à été assez calme, quelques rafales d'artillerie, la nuit approche. Nuit : Tiraillements, il fait froid.


16/10 : Ce matin un brouillard épais s'élève, ce qui rend l'atmosphère frais. Voici l'hiver. Soirée de bombardement. 7h du soir, à notre gauche, combat à la grenade.


17/10 : Nous sommes relevés ce soir, journée assez calme, vivement la relève. 6h1/2 , une mine saute à notre gauche. 8h, voici la relève, arrivons à ANZIN St Aubain (10-B1) (62), 9h1/2 à NOYELLETTE (10-A1) (62) où nous y cantonnons à 2h. Nous nous couchons à 3h, il fait froid, grand brouillard.


18/10 : Repos, il faut se changer car les poux nous rongent. J'ai touché une paire de pantalon (non sans besoin), je viens de changer de caleçon, cravate, chaussettes, chemise, flanelle, pantalon : Que je suis à mon aise. Point pour longtemps, car une nuit dans la paille et voilà les poux revenus.


19-20/10 : Repos.


21/10 : Repos, à 3h ½ , revue d'armes et du matériel.


22-23/10 : Repos.


24/10 : Repos, à 6h 45 tir. 25/10 : Repos.


26/10 : Nous devions partir aux tranchées ce soir, mais je ne sais pour quelle cause qu'on ne part pas, demain on doit aller au tir. Les canons tonnent, il doit y avoir une attaque. Il fait froid " Misère ".


27/10 : Repos. Comme il pleut, nous n'allons pas au tir, nous devons partir aux tranchées demain matin : Départ 3h 45. La nuit arrive.


28/10 : 2h debout, soupe à 3h ½ , il pleut , triste relève, enfin il faut partir, nous ne sommes pas à la caserne, l'eau ne nous quitte pas, un moment d'accalmie entre ANZIN St Aubin (10-B1) (62) et la route de LILLE. Les boyaux sont sales, rien de surprenant, je vais au gourbi de repos pour 3 jours. J'écris à mes pauvres parents : 1, pour les consoler et puis 2, pour leur demander une paire de guêtres. Nuit assez calme. Demain matin, corvée de soupe. Les boyaux sont impraticables, il pleut.


29/10 : Corvée de soupe (pénible). Soir : combat à la grenade, la nuit arrive.


30/10 : Corvée de soupe, journée de bombardement. 5h : nous montons en ligne. Bonne relève, il était temps, le bombardement reprend, la nuit est assez calme. A minuit on occupe un entonnoir.


31/10 : Quel bombardement ? toute la journée, la nuit arrive, faibles tiraillements, voici le jour.


1/11/1915 : Grand jour de fête, malheureusement pour nous, bien petit, jour pourtant mémorable, de souffrance et angoisses, que cette triste journée, jour de tristesse pour les pauvres familles, de ceux qui sont tombés si courageux avant. La journée dans son ensemble a été assez calme, la nuit tombe, il pleut, les tranchées s'écroulent et sont impraticables, il faut le voir pour le croire. Le jour arrive.


2/11 : (Jour des morts) dire qu'ici c'est tous les jours, vraiment aujourd'hui tout le monde devrait être sage, il pleut et les obus tombent. Triste jour, que de pleurs sont versés aujourd'hui. Nous sommes relevés ce soir, comment circuler dans les boyaux ? : 50 centimètres d'eau (et de boue principalement). Voici la relève (relève pénible). On s'enfonce jusqu'aux genoux, on ne peut ni avancer ni reculer. Quoi faire ? Misère sur misère : La paix !! Dire qu'ils y en a qui sont si heureux et d'autres si malheureux !!! Enfin à force de peine, nous arrivons au gourbi de repos. Ce n'est pas tout, nous sommes mouillés, pleins de boue, méconnaissables, et il faut partir à 1h du matin pour chercher les soupes, il faut y aller, on n'aimerait autant pas manger que d'aller chercher le ravitaillement, dans une situation aussi pénible et pour chercher si peu. Pauvre mère, si tu voyais ton fils. Enfin dans 5 à 6h , il va falloir partir pour la soupe.


3/11 : Corvée de soupe.


4/11 : Relève, et pas trop tôt, arrivons à NOYELLETTE (10-A1) (62).


5-6/11 : Repos.


7/11 : Je suis de service au poste de police.


8/11 : De service je suis relevé ce soir à 6h. Le temps est au beau, mais les nuits sont froides, le matin il y a une gelée blanche.


9/11 : Repos. Nous devions partir, c'est retardé, peut être que nous allons faire 9 jours de repos, comme d'habitude. Quel vent ce soir je crois qu'il va pleuvoir.


10/11 : La nuit a été terrible ; Il a plu toute la nuit, grêle et nuit. Pauvres copains qui sont dans les tranchées. On devait avoir revue du Général et il n'est pas venu. Il pleut. Demain nous montons aux tranchées, dure relève.


11/11 : Départ de NOYELLETTE (10-A1) (62) à 3h 1 /2, il ne pleut pas, heureusement la relève se fait. Aussitôt corvée pour nettoyer les boyaux qui sont dans un état lamentable.


12/11 : 1h1/2 : Corvée de soupe, il pleut, Après corvée, nettoyage, il pleut toujours.


13/11 : Corvée de soupe, nous montons en première ligne au point 10, on peut à peine marcher, boue sur boue, les boyaux ne tiennent plus et s'écroulent facilement. A force de peine nous arrivons, mais il faut voir dans quel état. Il y a un petit gourbi pour 2, nous sommes 5. Il fait un vent, et la pluie en même temps, la nuit arrive, il fait froid.


14/11 :5h du matin : Le 2ème bataillon est attaqué ainsi que le 78ème, c'est un combat à la grenade. Les Boches nous ont pris 2 entonnoirs et une tranchée, plus 2 au 78ème . Les obus pleuvent sur nous et tombent bien près. Il fait froid pendant toute la journée, les Boches ont bombardé à la nuit, nous avons contre attaqué, et nous avons repris tout ce qu'ils nous avaient pris (non sans peine et sans perte) Pendant toute la nuit il y a eu bombardement. Le petit jour : Les Boches vont-ils faire comme hier ?


15/11 : Vers 3h : petit combat à la grenade mais vite arrêté. Le jour arrive, la relève arrive et pas trop tôt, vraiment les 2 jours ont été pénibles. La nuit a été très froide et il a gelé dur. Arrivons au gourbi de repos(bien sale). Aujourd'hui il fait assez beau, le soleil se fait paraître (il irait pour geler cette nuit) A 3h, grand bombardement de notre part ( mais vite repoussé par les Boches). C'est le 78ème qui contre attaque pour reprendre ce que les Boches lui ont pris. 4h : Tout est repris, la nuit arrive, que va t-il se passer ? Tiraillements, voici le petit jour.


16/11 : 1h1/2 : Corvée de soupe. Après, nettoyage des boyaux.


17/11 : Corvée de soupe, va t-on être relevé ?? la nuit arrive, les Boches nous ont écrasé une pièce, et cassé le trépied d'une autre, 2 blessés (heureusement pas de mort)


18/11 : Corvée de soupe. Comme nous ne sommes pas relevés, nous allons relever, vers 10h. Les Boches nous bombardent tellement près de nous, qu'il a fallu évacuer soit en appuyant à droite, il était temps, 3 marmites sont tombées à 2 mètres de la pièce et a coupé la tranchée à 2 endroits. La nuit arrive, il faut faire un autre emplacement, car celui-ci est intenable. On travaille une partie de la nuit. Il pleut, nous sommes sales.


19/11 : Il paraît que nous sommes relevés ce soir ou demain matin, et vivement, car voici 9 jours pénibles. Voici la nuit.


20/11 : 4h du matin : Alerte, les Boches doivent attaquer, 7h 1/2 , voici la relève et menons (bonne relève) Arrivons à NOYELLETTE (10-A1) (62).


21/11 : Repos.


22/11 : Repos. Aujourd'hui nous nous sommes fait vacciner.


23/11 : Repos. Je suis allé à AVESNES (2-C4) (62), me promener, j'ai acheté une pipe.


24-25-26-27/11 : Repos.


28/11 : Repos. Nous partons demain matin aux tranchées . Quel vent, il gèle.


29/11 : 2h05 : Debout. Le vent s'est calmé, nous mangeons la soupe, départ à 3h30. Il fait bon marcher, car il fait froid. Arrivons à l'entrée du boyau montant. Il tombe des morceaux de neige Triste temps. Relevons à 8h. Je vais en 1ère ligne. La journée dans son ensemble, a été assez calme. A la tombée de la nuit : pluie qui n'est pas chaude, la nuit arrive, la lune n'est pas encore levée, aussi il fait presque noir. Tiraillements toute la nuit.


30/11 : Les boyaux sont combles et plein d'eau, quelle boue ! Voici la soupe. On vient de nous apporter une note de la Division que les Allemands doivent attaquer notre front au moyen de gaz. Triste relève. Enfin attendons. Journée de bombardement (marmites). Les tranchées sont écroulées, il faut passer à découvert, la nuit arrive, il fait noir, il pleut .


1/12 : Il pleut, nous sommes relevés pour aller à la soupe. 8h : Voici la relève, quelle boue ! Les Boches nous voient, car il faut passer à découvert,arrivons au gourbi de repos. Journée assez calme, la nuit arrive. Avant la nuit, il a fallu aller consolider un abri de pièce que les obus avaient démoli. Quel sale travail (sale car il y a un demi-mètre de boue) mais le plus , c'est que les Boches nous tirent, il faut se cacher, enfin tout se fait, sans incident. Demain : Corvée de soupe.


2/12 : Journée de bombardement, les Allemands nous ont écrasé l'abri de pièce (la pièce n'a eu rien, le trépied a eu le pied tordu) Enfin il vaut mieux que se soit la pièce que les hommes. La nuit arrive, mais les Boches battent toujours les tranchées. Je crois qu'ils préparent une grosse attaque. Demain corvée de soupe à 1h ½ , puis il faut aller en ligne.


3/12 : Corvée de soupe, il pleut. La boue monte aux genoux, arrivons, 7h : Nous montons en ligne, il pleut toujours, les tranchées sont intenables, il n'y a que boue sur boue. Vraiment nous sommes trop à faible, si le temps reste 15 jours comme ça, nous serons à découvert. Voici la nuit, il pleut toujours, les hommes ne sont plus que des masses de boue.


4/12 : Toujours le même temps, l'eau rentre dans notre gourbi, il faut vivement sortir pour l'arrêter. Si l'on fait 9 jours, jamais nous ne pourrons tenir. La nuit arrive.


5/12 : Quel temps ! il pleut toujours, nous sommes relevés ce soir, jamais nous ne pourrons sortir des boyaux. 7 sont morts dans les boyaux enfoncés sous la boue, etc.. etc.. Voici la relève. La boue me monte aux genoux , je n'en peux plus, il faut donc mourir, il faut avoir tué père et mère pour rester dans une situation pareille : où il fallait 15 minutes, il faut 2h et encore. Nombreux sont restés dans la boue, morts impossible de les sortir, c'est terrible, c'est affreux. Arrivons tout de même au gourbi de repos, mais il faut repartir à 2h.


6/12 : Nous repartons à 5h, arrivons à ETRUN (10-B1) (62) à 9h. 10h : Les Boches bombardent.


7/12 : Repos. Il pleut toujours.


8/12 : Nous partons ce soir aux tranchées. Dure relève, faut il souffrir avant de mourir ! Départ 4h, relève dans la nuit, arrivons aux boyaux des choux. Il faut passer à découvert(sur le glacis), gare aux balles. A bout de peine, nous arrivons, la boue jusqu'aux genoux.


9/12 : Nous sommes au bagne : l'eau jusqu'aux genoux, dire qu'il faut rester 4 jours dans cette situation, il pleut, vraiment que faut il faire ? La nuit arrive. Pendant toute sa durée, il faut enlever l'eau avec une pelle, sans, alors on se noierait.


10/12 : Il pleut toujours, si les Boches viennent, nous sommes perdus : Les fusils sont in serviables.


11/12 : Voici le jour, l'eau est dans le gourbi, qui lui même s'écroule, il faut vivement sortir ou nous serions perdus, faut-il souffrir tout de même ? STUPEFACTION : Tous les boches sont sortis, nous nous parlons ensemble, eux aussi sont dans l'eau, pas une balle, pas un obus. Le calme et la sérénité règnent. Vraiment se dire : On est en guerre Kamarades (venez pendant 2 heures, c'est une conversation) Pourquoi fait on la guerre ? 9h du matin, tout le monde disparaît, la guerre recommence, tout siffle.


12/12 : Même chose qu'hier, tout le monde est sorti, Boches et Français, c'est des rires, des clameurs, ce n'est plus la guerre. 10h : Les obus reprennent, la guerre reprend. Nous sommes relevés ce soir, et pas trop l'être, car nous sommes couverts de boue. Inconnaissables, plus que des forçats. 7h : Voici la relève, il faut encore passer à decouvert, car les boyaux n'existent plus, ceux qui passent y restent embourbés jusqu'au ventre. Quel malheur ! COCHONS, SALAUX, VACHES : CEUX qui nous ont fait faire la guerre. C'est la misère qui nous y fait rester. BANDE DE COCHONS. Enfin , à force et au péril de sa pauvre vie nous arrivons.


13/12 : Repos. Je lave ma capote, voici la nuit, dire qu'il y a 4 nuits que je ne dors pas, aussi comment je vais trouver le sommeil bon ce soir.


14-15/12 : Repos.


16/12 : Repos, il fait froid.


17/12 : Repos, il pleut.


18/12 : Repos.


19/12 : Repos, demain départ pour les tranchées, les Boches bombardent, je crois qu'ils préparent un sale coup.


20/12 : Repos.


21/12 : Je pars aux tranchées ce soir, il pleut, dans quel état allons nous arriver ?


(FIN du carnet N° 3 : Rose)


21/12/1915 : Départ pour les tranchées, il pleut, arrivons au poste du colonel. MISERE, il faut aller au labyrinthe, le 63ème permute avec le 107ème, pour se relever avec le 78ème et non avec le 138ème, soit par brigade. Il pleut toujours, il faut passer à découvert, car les boyaux sont pas possibles. J'ai cassé une soques , aussi j'ai un pied dans la boue, enfin à force de peine et de temps, car porter les pièces et les munitions, c'est un rude travail, arrivons à ce labyrinthe.


22/12 : STUPEFACTION : Les Boches et les Français sont sortis et se causent entre eux et s'échangent du tabac, du pain, etc… C'est une vraie foire. Pourquoi fait on la guerre ???


23/12 : Il pleut toujours, tout le monde est sur le terrain.


24/12 : Veille de se pauvre NOEL, tout ce passe bien tristement.


25/12 : NOEL. Quelques rayons de soleil, mais la pluie prend le dessus. 26/12 : Nous sommes relevés ce soir (marmitage, et bien près de nous) ; Voici la relève, je tombe dans la boue, je suis propre ! Arrivons à ETRUN (10-B1) (62).


27-28-29/12 : Repos ;


30/12 : repos, alerte contre les gaz.


31/12 : Je pars aux tranchées ce soir. Départ 4h, arrivons 8h : Alerte contre les gaz.





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